Le risque de feux de forêt au Canada en 2026 : ce que les entreprises doivent savoir

Le risque de feux de forêt au Canada est loin d’être un simple enjeu saisonnier. Alors que les saisons commencent plus tôt, durent plus longtemps et produisent des incendies plus difficiles à maîtriser et plus destructeurs, les feux de forêt sont devenus un risque financier et opérationnel majeur pour les entreprises d’un océan à l’autre. Les perspectives de risque de feux de forêt au Canada pour 2026 constituent un autre signal clair pour les entreprises : le moment est venu de se préparer et de renforcer leur résilience.

Les feux de forêt représentent un risque croissant et en évolution

Pour de nombreux Canadiens, l’été 2024 a rendu impossible d’ignorer la crise des feux de forêt. La ville de Jasper, une communauté de montagne bien-aimée et une porte d’entrée vers l’un des parcs nationaux les plus emblématiques du Canada, a vu près du tiers de ses habitations et de ses entreprises être détruites par les flammes. Les images de la destruction ont circulé partout au pays et ont touché personnellement les millions de Canadiens qui y avaient campé, parcouru ses sentiers ou simplement grandi en la considérant comme un élément incontournable du paysage national.À elle seule, l’Alberta a enregistré plus de 1 milliard de dollars de pertes attribuables aux feux de forêt cette année-là. À l’échelle nationale, 2024 est devenue l’année la plus coûteuse jamais enregistrée au Canada pour l’ensemble des pertes assurées liées aux catastrophes, avec environ 8,5 milliards de dollars. Pour les assureurs commerciaux en particulier, il s’agissait de l’année la plus coûteuse depuis près d’une décennie, selon le Bureau d’assurance du Canada.Jasper représentait le dernier chapitre d’une décennie marquée par une augmentation des pertes liées aux feux de forêt. Le Canada a connu 16 feux de forêt catastrophiques entre 2016 et 2025, comparativement à seulement deux au cours de la décennie précédente. Cette tendance se dessinait depuis des années : le feu de forêt de Fort McMurray en 2016 a forcé 80 000 personnes à évacuer leur domicile et causé plus de 4,8 milliards de dollars de dommages assurés, en dollars de 2025. L’année 2023 a également battu des records, avec 6 000 incendies ayant détruit 15 000 hectares de terres, soit une superficie équivalente à celle de l’Angleterre.La question n’est plus de savoir si les communautés canadiennes sont vulnérables, mais plutôt à quel point elles le sont. Malgré un certain répit en apparence, l’année dernière a elle aussi envoyé un avertissement. Comme l’a déclaré Laura Twidle, présidente et cheffe de la direction de CatIQ : « Bien que 2025 ait offert un répit bienvenu après les pertes records de 2024, les données montrent que cette année “moyenne” était tout sauf ordinaire. Nous avons enregistré le plus grand nombre de catastrophes liées aux incendies, et, fait peut-être encore plus notable, elles se sont toutes produites dans des provinces qui n’avaient jamais connu auparavant de catastrophe liée aux incendies à l’échelle de l’industrie. »Les conséquences sont également réparties de façon inégale au Canada. Les communautés des Premières Nations représentent 42 % des évacuations liées aux feux de forêt, bien qu’elles constituent environ 5 % de la population canadienne, selon les données gouvernementales. L’année dernière, près de 45 000 personnes provenant de 73 communautés des Premières Nations ont été déplacées en raison des feux de forêt.

Les perspectives des feux de forêt au Canada en 2026

La saison des feux de forêt de 2026 au Canada pourrait s’avérer particulièrement sérieuse. Selon la mise à jour 2026 du gouvernement du Canada sur la préparation aux feux de forêt, des températures supérieures à la normale sont prévues dans presque toutes les régions du pays pendant les mois d’été, aggravant les déficits de précipitations persistants, particulièrement dans l’Ouest canadien. La Colombie-Britannique fait face au risque d’incendie le plus élevé et le plus soutenu, tandis qu’un risque accru devrait également apparaître rapidement dans certaines régions du Nord, du Centre et de l’Est du Canada. Le nord-ouest de l’Ontario, où des précipitations inférieures à la normale sont prévues, figure parmi les régions particulièrement préoccupantes.Le gouvernement fédéral a clairement indiqué que ce risque ne se limite pas aux régions historiquement vulnérables. De nouvelles régions entrent dans des zones à haut risque, et les conditions à l’origine de cette évolution, notamment des conditions météorologiques plus chaudes, plus sèches et plus venteuses, découlent de tendances climatiques à long terme plutôt que d’une seule saison exceptionnelle.En réponse, Ottawa a fait de la préparation aux feux de forêt une priorité budgétaire importante, consacrant des fonds à la lutte aérienne contre les incendies, aux interventions civiles ainsi qu’à la préparation et aux interventions sur les terres administrées par le gouvernement fédéral. Notamment, le Système national d’alertes au public, un outil essentiel pour avertir rapidement les Canadiens, est en cours de modernisation grâce à un investissement de 55,4 millions de dollars sur quatre ans. À plus long terme, un investissement de 285 millions de dollars jusqu’en 2028 vise à réduire les risques de feux de végétation de façon générale, notamment en élargissant la portée des recommandations d’Intelli-feu Canada dans les communautés à haut risque.Le soutien aux communautés autochtones, qui subissent une part disproportionnée des déplacements causés par les feux de forêt, constitue également un élément important de la réponse fédérale. Le gouvernement consacre chaque année des dizaines de millions de dollars par l’entremise de Services aux Autochtones Canada pour soutenir la préparation aux situations d’urgence des Premières Nations, la résilience communautaire et les capacités locales en matière de santé, en plus d’un engagement de 57,2 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir des mesures préventives Intelli-feu dirigées par des Autochtones dans les régions à haut risque.Ces engagements sont importants, mais les investissements gouvernementaux ne protègent pas les entreprises contre les interruptions d’activités, les pertes matérielles ou la complexité croissante du marché de l’assurance commerciale.

Comment les entreprises canadiennes peuvent renforcer leur résilience face aux feux de forêt

Pour les entreprises qui exercent leurs activités au Canada, l’intensification du risque de feux de forêt exige une préparation active.Élaborez et testez un plan d’intervention d’urgence. Toute organisation exerçant ses activités dans une zone exposée aux feux de forêt ou à proximité devrait disposer d’un plan d’intervention d’urgence documenté qui identifie les principales équipes d’intervention, définit les rôles individuels et décrit clairement les procédures d’évacuation ainsi que les lieux d’exploitation de remplacement. Les plans devraient être testés régulièrement et mis à jour lorsque les effectifs changent ou que les installations prennent de l’expansion.En cas de menace active d’incendie, les principales mesures comprennent la surveillance des mises à jour officielles sur la progression du feu, la vérification du bon fonctionnement des systèmes d’extinction d’incendie, le déplacement ou la sécurisation des actifs essentiels, la sauvegarde des serveurs et des dossiers numériques ainsi que la prise de photos des biens à des fins d’évaluation pour l’assurance.Créez un espace défendable autour de votre propriété. La préparation physique de la propriété elle-même est l’une des mesures de réduction des risques les plus efficaces qu’une entreprise puisse prendre. Cela signifie notamment enlever la végétation combustible et les débris à proximité immédiate des bâtiments, tailler les arbres dont les branches surplombent les structures, dégager les gouttières des matières sèches et, lorsque cela est possible, maintenir des zones paysagées bien arrosées servant de zones tampons. Intelli-feu Canada offre des recommandations détaillées fondées sur des données probantes concernant les normes d’espace défendable pour les propriétés commerciales et résidentielles.Selon un rapport conjoint de Lockton Re et de Green Shield Risk Solutions, le fait de documenter et de mettre en œuvre ne serait-ce qu’une seule mesure d’atténuation locale, comme un espace défendable entretenu ou un revêtement de toiture résistant au feu, peut entraîner une réduction immédiate de 6 % à 13 % des pertes modélisées.Préparez la reprise avant d’en avoir besoin. Le rétablissement après un important feu de forêt peut prendre des mois, voire des années. Les entreprises qui ont conclu à l’avance des ententes avec des fournisseurs de services de restauration, qui tiennent des inventaires détaillés et à jour de leurs biens et qui disposent d’évaluations précises de leurs actifs sont beaucoup mieux placées pour gérer le processus de réclamation et reprendre leurs activités plus rapidement. Le stockage de produits ignifuges à longue durée, lorsque cela est approprié, peut également contribuer à limiter les dommages structurels lors d’un incendie.Examinez attentivement votre couverture d’assurance. Travaillez avec votre courtier pour vous assurer que votre couverture ne comporte pas d’exclusions relatives aux feux de forêt et confirmez que les dommages causés par la fumée ainsi que les risques secondaires, comme les glissements de terrain ou les coulées de débris pouvant survenir après un incendie, sont couverts par votre police. À mesure que le risque de feux de forêt s’étend à de nouvelles régions, les hypothèses habituelles des polices peuvent ne plus refléter votre exposition réelle. Des limites adéquates, et non simplement l’existence d’une couverture, sont particulièrement importantes lorsqu’un sinistre survient.Les produits d’assurance paramétrique méritent également d’être envisagés. Contrairement à l’assurance indemnitaire traditionnelle, les polices paramétriques peuvent permettre le versement rapide d’indemnités, dans certains cas dans un délai de 30 jours, et peuvent être structurées pour couvrir les pertes d’exploitation liées à la détérioration de la qualité de l’air ou à d’autres conditions qui vont au-delà des dommages matériels.Démontrez une gestion active des risques à vos souscripteurs. Les entreprises capables de démontrer des pratiques proactives de gestion des risques sont mieux placées pour obtenir une couverture et négocier leurs modalités. Cela peut notamment comprendre le partage de données sur la gestion de la végétation, l’entretien des systèmes d’extinction d’incendie, la formation du personnel ou le déploiement de technologies permettant de réduire le risque d’inflammation. Les souscripteurs accordent de plus en plus d’attention à la qualité du risque, et pas seulement à son emplacement.Ces efforts peuvent également produire des avantages financiers directs : le rapport conjoint de Lockton Re et de Green Shield Risk Solutions montre que la documentation exhaustive des caractéristiques de sécurité propres à une propriété peut réduire en moyenne de 20 % le profil de risque modélisé d’une entreprise. Les souscripteurs disposent ainsi de données concrètes pouvant justifier des réductions de primes et permettre d’obtenir de meilleures conditions de couverture.

Il est temps de se préparer à l’intensification des feux de forêt

Le risque de feux de forêt au Canada a franchi un seuil. Il ne s’agit plus d’un enjeu régional ni d’une catastrophe exceptionnelle et rare, mais plutôt d’un élément systémique et croissant du paysage national des risques. La nécessité d’agir n’a jamais été aussi claire. Les entreprises qui considèrent la préparation aux feux de forêt comme une priorité stratégique, plutôt que comme une simple tâche de gestion des installations, seront mieux placées pour protéger leurs employés, préserver leurs actifs et reprendre leurs activités plus rapidement lorsque le prochain incendie surviendra.